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Nature À faire

Le tram des vacances

Vous êtes en bout de ligne… ne quittez pas !

Ce n’est pas le Transsibérien, encore moins l’Orient-Express. Mais le tram peut aussi étonner si peu que l’on sorte des arrêts les plus fréquentés. En poussant jusqu’aux terminus des lignes, on découvre de nouveaux univers. On a testé trois balades en tram au départ de Bordeaux pour des vacances d’ultra-proximité.

par Jean-Luc Eluard

le 21/07/2018

Le plus urbain : Arrêt « Pessac centre ». Tram B

À priori, rien ne pourrait susciter l'extase : rien de moins exotique que ce « Pessac Centre ».

Sauf si on revient un peu sur ses pas, que l'on passe l'église Saint-Martin, que l'on poursuit l'avenue Louis Laugaa jusqu'à son terme avant de tourner à gauche et là... ça y est, vous êtes à Arcachon. 

C'est le quartier du Casino, construit, entre 1897 et 1904, justement pour braver la ville balnéaire et offrir du bon air campagnard et du divertissement proche aux riches bordelais.

photo : Nikolas Ernult - ville de Pessac - Villa Mimosa

17 belles villas entouraient un square paysagé où trônait un casino de la Belle époque qui était un lieu de villégiature, de concerts, de spectacles avant d'être ravagé par les flammes.

Le bâtiment brûle (opportunément ? allons... l'affaire est classée depuis) en 1903 et à sa place, on construit 30 ans plus tard d'autres « Arcachonnaises » plus modernes mais tout aussi cossues.

Et tout ça donne un air de Ville d'Hiver du plus bel effet.

photo : Nikolas Ernult - ville de Pessac - Villa Mimosa

Le plus aquatique : Arrêt « Lycée Vaclav Havel » Tram C

C'est le moment où l'on regrette d'avoir suivi les conseils de ce site, surtout si on a choisi l'heure de pointe pour descendre à cet arrêt.

Face à l'apocalypse automobile, ne paniquez pas, respirez calmement et revenez un peu sur vos pas. Passez par dessus le ruisseau et empruntez le petit sentier qui s'en va sur la droite juste après.

En dix secondes, allez, on va dire vingt, fini le bruit des moteurs. À peine celui du vent dans les branches et de l'eau qui glougloute au parc de Mussonville.

Cette eau, c'est celle de l'Eau Bourde qui a pris sa source à Cestas mais qui, ici, s'est déjà scindée en deux : l'estey de Tartifume et l'estey de Franc.

C'est donc celui-ci que l'on suit sur presque ses deux kilomètres d'existence, d'abord en longeant un peu de civilisation puis, au bout d'une centaine de mètres, en plein milieu d'un bois caractéristique de ce qu'étaient les bords de rivière il y a encore un siècle : des frondaisons denses et fraîches.

Ici, on peut choisir soit de suivre le sentier principal, soit de s'égayer sur les petits sentiers annexes qui s'enfoncent dans une prairie dont on voit à peine la fin.

photo : Mélanie Tammeveski - parc de Mussonville

Au bout d'un moment, on bute sur la voie ferrée : pas de panique mais on ne fait pas les malins, on part à gauche vers le pont de Birambits, on emprunte l'avenue Lénine et on retrouve l'estey en prenant la rue Karl Marx (on vous avait dit que c'était l'aventure !).

Le paysage change un peu : finie la nature débridée, le ruisseau hésite entre les arbres et le bâti jusqu'à ce que l'on se casse le nez sur la rocade qui vous empêche de poursuivre jusqu'à la Garonne.

On peut toujours se venger en tournant à gauche où l'on rejoint Bègles-plageEt plouf, il ne sera pas dit qu'on aura suivi toute cette eau pour rien.

Le plus panoramique : Arrêt « La Gardette/Bassens/Carbon-Blanc » Tram A

Bien sûr, il y a la solution pour les jouisseurs, ceux qui veulent profiter tout de suite : à gauche, le chemin du Grand Came et l'on se retrouve au parc Séguinaud. Mais... on peut aussi prendre tout droit, l'avenue des Griffons, qui passe devant un alignement de châteaux des 18e et 19e siècle.

C'est qu'à l'époque, le « vin de Bassens » avait une belle côte, tout comme celui de Cenon. Mais en outre, nombre d'armateurs se firent construire ici de belles demeures depuis lesquelles ils pouvaient surveiller tranquillement les mouvements de leurs bateaux. Pratique... Sur l'avenue, en une centaine de mètres, il y a le domaine de Séguinaud qui fut une importante propriété viticole, le domaine de Bonnefont, connu sous le nom des Griffons, et le château Pomerol.

photo : ville de Bassens - domaine de Séguinaud

Tous furent propriété de la famille Maurel, armateurs, qui lancèrent le traitement de l’arachide à Bacalan.

Séguinaud est désormais un centre de loisirs. Les Griffons, qui fut une école dans les années 60, est désormais propriété municipale. Quant à Pomerol, le château s'est transformé en maison de retraite. Un quatrième château, Lagarde, complétait cet alignement et appartenait aussi aux Maurel mais il a disparu.

Allez, on vous lâche un peu : soit vous avez envie de marcher et vous continuez jusqu'au centre de Bassens (l'église est sympa) et profitez de la balade dans le parc de Rozin. 

En suivant les poteaux verts, on finit par revenir, au bout de deux heures de marche, à l'arrêt de tram. Soit vous êtes prudents et prenez la rue Maurice Toutaud qui, à travers le lotissement, conduit direct au parc Séguinaud. 

photo : ville de Bassens - Parc de Séguinaud

Dans un cas comme dans l'autre, la sanction est la même : une vue étonnante sur le port de Bassens et, au delà, la Garonne, les marais de la rive gauche et les forêts de pins ensuite (et l'Amérique après mais c'est une autre histoire).

En tournant la tête à gauche, le pont d'Aquitaine et Bordeaux, et à droite, les coteaux de Bourg sur Gironde. Bref, un des plus beaux panoramas de la Métropole.

Et tout ça pour un ticket de tram. C'est pas de l'arnaque.

 

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