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Chercher la petite bête

Vous aimez les bestioles pas courantes ? Les plantes rares ? Les insectes bizarres ? L’Amazonie, c’est un peu loin mais la Métropole peut la remplacer. À quelques détails près. Suivez le guide et surtout… pas de bruit. Voici les endroits les plus riches en vie animale et végétale.

par Jean-Luc Eluard

le 30/04/2019

Pour résumer à la truelle la situation : si vous voulez voir des espèces de milieux humides, préférez la rive gauche. Mais pour une plus grande variété, allez plutôt rive droite. « Autour de Bordeaux, il y a pas mal de parcs péri-urbains, de zones semi-naturelles et différents types de milieux. Alors oui, il y a des cortèges intéressants de plantes et d’animaux. »

Elodie Malavialle est chargée d’éducation à l’environnement à l’association Cistude Nature qui, entre autres activités liées à la protection de l’environnement, organise des balades pour observer ce que l’on ne s’entend pas à observer.

Pour elle, le parc des Coteaux qui relie Bassens à Floirac est « le plus intéressant » grâce à sa continuité alors que les parcs de la rive gauche sont « plus fermés et coupés par l’urbanisation qui grignote. » Et parmi ces parcs, le plus exemplaire est…

Le parc de l'Ermitage à Lormont

Parce que c'est celui qui a le plus de diversité des milieux : des prairies calcaires en haut, une zone humide en bas et des sous-bois un peu autour. Résultat, on y trouve une vingtaine d'espèces d'odonates (insectes à pièces buccales broyeuses... cool !), c'est à dire des libellules. Mais la star, c'est l'Azurée du serpolet, un papillon protégé et rare.

Et pour cause, la bestiasse a une vie sexuelle pour le moins curieuse. D'abord, il ne pond que sur le thym et l'origan. Passe encore... Mais surtout, sa chenille émet les phéromones d'une fourmi bien particulière qui va la ramener dans son nid. Là, la larve va béqueter les larves de la fourmi qui l'héberge.

Seul problème : quand elle se transforme en papillon, elle n'a que quelques minutes pour s'enfuir avant de se faire démolir par les fourmis qui se sont aperçues de leur méprise. En gros, escroquerie et évasion, beau casier...on comprend que le papillon se montre rarement.

Véritable petit paradis, l'Ermitage rassemble aussi 70 espèces d'oiseaux, essentiellement des oiseaux d'eau, comme le Martin Pécheur, pas spécialement rare mais très joli : il se pose surtout sur les branches qui surplombent l'eau. Mais là aussi, sans discrétion, c'est mort.

Photo : Monique Laats

PARC DE L'OBSERVATOIRE À FLOIRAC

De grandes prairies calcaires bien dégagées mais très peu fréquentées. Bingo ! C'est le terrain préféré des orchidées. Ophrys abeille ou araignée, orchis homme pendu (à cause de ses fleurs en forme de pendu... le langage des fleurs bat son plein), on trouve toute une série d'orchidées dans ce parc qui n'ouvre qu'à de rares occasions.

Il est le seul avec l'Ermitage à accueillir une telle diversité de ces fleurs qui ont leurs inconditionnels.

BOIS DES SOURCES AU HAILLAN

Juste à côté, il y a une station de captage d'eau (interdite d'accès) mais on comprend bien que l'ensemble est particulièrement protégé contre de possibles sources de pollution. Sources d'eau, plus faible pollution ? Ça nous fait des amphibiens. Si vous aimez les grenouilles vertes, les grenouilles agiles (plutôt à l'aise dans les bois), le crapaud commun ou la reinette méridionale, l'endroit vous plaira.

C'est dans ce bois du Déhès (rien à voir avec une voiture, mais c'est le mot gascon pour décrire ce type de bois clairsemé) que l'on trouve aussi le triton palmé ou la salamandre tachetée. Et c’est l’un des refuges de la cistude d’Europe, la petite tortue menacée par la destruction des zones humides, son habitat.

Photo : Konstantin Dankov

VALLÉE DES JALLES DE SAINT-MEDARD-EN-JALLES À BLANQUEFORT

Douze kilomètres de zone préservée le long des cours d'eau, avec uniquement des espaces naturels et des zones agricoles, ça nous fait un corridor écologique où les animaux ont un peu de tranquillité. Et donc, ils s'y rassemblent avec joie. En particulier l'animal emblématique de la Métropole qui a failli disparaître au siècle dernier, la loutre d'Europe.

Particulièrement sensible à la pollution, elle est devenue nocturne à force d'être chassée. Pour la voir, il faudra donc vous lever tôt, ou vous coucher tard et avoir beaucoup de chance. On peut à la limite apercevoir ses épreintes, les charmantes petites crottes qu'elle laisse bien en évidence pour marquer son territoire et qui, dit-on, sentent le miel (pas testées par la rédaction, merci...).

Dans le genre « ils sont là mais accrochez-vous pour en voir un » : le putois d'Europe ou encore la genette d'Europe, sorte de gros chat qui vit dans la ripisylve (les arbres longeant les cours d'eau). Sauf coup de bol, il faudra vous contenter de savoir qu'il y en a dans le coin. Par contre, il n'est pas impossible de tomber sur une martre des pins.

Autre curiosité locale : le cuivré des marais, joli papillon cuivré (eh oui !) qui vit près des marais (ben tiens !) et qui est protégé. Comme trois de ses congénères qui, eux, sont bien peinards sur le site de captage des sources et que personne ne dérange.

Photo : Stevebidmead

BOIS DE TANAÏS (BLANQUEFORT)

Ouvert assez récemment au public, le bois de Tanaïs est surtout intéressant pour la variété de ses milieux. Alors on ne trouve rien de spectaculaire, pas de licorne ou de bestiole en voie d'extinction, mais pas mal de milans noirs qui viennent nidifier ici de mars à août.

Comme ce rapace migrateur est opportuniste, il aurait pu devenir végétarien mais non, il préfère les milieux semi-urbains où il peut s'adonner à son comportement de charognard.

Pas mal de libellules aussi et d'amphibiens à proximité des zones les plus humides du bois.

Photo : sarangib.

LE CENTRE-VILLE

Depuis que les villes ont mis la pédale douce sur les produits phytosanitaires (et que la pression urbaine rogne leurs espaces naturels), on peut aussi traîner le nez en l'air du côté de Saint-Michel et voir... des faucons pèlerins, le rapace le plus rapide du monde lorsqu'il attaque en piqué. Sa vitesse de vol atteint couramment les 200 et 250 km/h ! Il faut dire que s'il est là, c'est qu'il se nourrit de pigeons et ce n'est pas ce qui manque dans le coin.

Le long de la Garonne, rive droite, ce ne sont pas les ragondins qui manquent et nul besoin d'être discret pour les voir nager ou fureter sur la rive. Bon, pas forcément glorieux non plus : d'abord parce que c'est juste un gros rat aquatique et qu'en plus, c'est une espèce invasive.

Mais pour finir le long du fleuve, au Parc aux Angéliques, il y a... des angéliques de l'estuaire. Ou comment nommer un parc un peu au pif, avec un joli nom local, et se retrouver avec quelques plans de cette espèce endémique très rare qui lèvent la tête face au miroir d'eau. Songez un peu : on n'en trouve qu'en France, dont 75% en Gironde. Une gloire locale... de la famille des carottes. C'est moins glorieux mais toutes les plantes rares ne sont pas magnifiques.

Photo : marjattacajan

Prochaines excursions avec Cistude Nature

Flore sauvage et comestible de nos rues

11, 15 et 18 mai 2019 - À partir de 10 ans - Plus d'informations ici

Partez à la rencontre de la flore spontanée de nos rues.

La rivière des tout-petits

15 mai 2019 - Chemin de Cantelaude, Saint-Médard-en-Jalles - De 10 h à 12 h - Pour les enfants de 1 à 3 ans accompagnés d'un adulte - Inscription : elodie.malavialle@cistude.org

À travers des activités ludiques basées sur les sens, les enfants découvriront les richesses de la nature.

La biodiversité de la mare

18 mai 2019 - Arboretum de Saint Médard en Jalles - De 14 h à 16 h - À partir de 8 ans - Inscription au 05 56 70 71 02

Délicates orchidées sauvages et flore des champs

25 mai 2019 - Observatoire de Bordeaux, Floirac - De 14 h à 16 h - À partir de 16 ans - Inscription : Jonathan.Duvivier@ville-floirac33.fr

Reptiles et amphibiens de la lagune de Contaut

26 mai 2019 - Parking de la lagune de Contaut, Hourtin - De 10 h à 12 h - À partir de 8 ans - Inscription au 05 56 03 21 01

La forêt des tout-petits

29 mai 2019 - Cistude Nature - De 10 h à 12 h - Pour les enfants de 1 à 3 ans accompagnés d'un adulte - Inscription : elodie.malavialle@cistude.org

Photo : Spencer Gurley

Adresse et contact

Cistude Nature

Chemin du Moulinat

33185 Le Haillan

05 56 28 47 72

elodie.malavialle@cistude.org

https://www.cistude.org/

Accès

Bus liane 30 direction Le Haillan Centre, arrêt Dehès

Horaires d'ouverture

Ouvert du lundi au vendredi de 9 h 30 à 17 h 30

Galerie photos

  • faune et flore bordeauxPhoto : rodolfo-clix
  • faune et flore bordeaux© Marais de Bruges
  • faune et flore bordeauxPhoto : Co-Sch
  • faune et flore bordeauxPhoto : christels
  • faune et flore bordeauxPhoto : Milo Mcdowell
  • faune et flore bordeauxPhoto : Jack Hamilton

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