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Les cafés qui ont fait l’histoire de Bordeaux (tome 2)

Prendre un café à Bordeaux, c’est tout un art ! Monument historique, joyau art nouveau, ancienne gare… Prenez place dans l’un de ces lieux emblématiques, souvent chargés d’histoire et d’anecdotes d’un temps révolu. Pour votre prochaine pause café avec vue, voici la suite de notre sélection des plus beaux cafés de Bordeaux. > Tome 1

par Jean-Luc Eluard

le 01/03/2019

Le Plana

Et viva Le Plana !

Ça fait partie de ces délicieux bonbons musicaux kitscho-patrimoniaux que l'on ne chante que dans un état second mais en insistant bien, jusqu'en s'en carrier le bon goût. « Riquita » (jolie fleur de Java, vient danser vient donner des baiaiaisers ») et « Viva Espana » sont un peu nés ici : Le Plana n'a pas changé de nom depuis que les parents de Georgette Plana vinrent s'y installer, venant d'Agen au lendemain de la guerre (la première, c'est dire si c'est pas d'hier).

La mère, Marie, avait une sacrée réputation de cuisinière, le père Clovis, rescapé de la guerre avec un léger "pet au casque" (on peut comprendre) fréquentait les maisons closes et offrait son coup un peu facilement ; alors la petite Georgette chantait et dansait sur les tables pour retenir la clientèle.

Avec succès : danseuse étoile à l'Opéra, comédienne issue du conservatoire, elle eut une carrière bien remplie qui ne rejaillit pas forcément sur l'établissement puisque peu connaissent l'origine de ce nom de « Plana ». Mais l'ancienne pension pour chevaux y a gagné ses galons historiques.

Le Plana - 22 Place de la Victoire 33000 Bordeaux - Tel : 05 56 91 73 23 - Site

photo : Dominika Urban

Le Café des Arts

Dernier café avant la Révolution

Il fut une époque où l'on trouvait là tous les maoïstes et les trotskystes de Bordeaux (ça ne fait pas lourd mais la terrasse était moins vaste). Le Café des Arts, c'était « le bar à gauchos », curieux destin pour un établissement géré par une catholique pratiquante, pétrie d'humanisme et d'humanité.

Michèle Lacay fut prof de maths au lycée du Mirail tout proche avant de reprendre ce bar, un peu forcée par les événements familiaux. C'est que l'endroit était idéalement placé, à mi-chemin de l'ancienne fac de lettres et du lycée Montaigne. Idéalement pour attirer tous les chevelus dans les années 60-70 et servir d'infirmerie de premiers soins lorsque mai 68 arriva jusque sous ses fenêtres.

Situé au rez-de-chaussée d'un hôtel particulier de 1750 classé au Monuments Historiques, le Café des Arts a connu le même destin que sa clientèle estudiantine : il a pris du bide et de l'aisance mais il règne encore un parfum de pavés pour qui sait s'y attarder.

Le café des Arts - 138 Cours Victor Hugo 33000 Bordeaux - Tél : 05 56 91 78 46 - Site

Photo : Dominika Urban

Le Café du Levant

L'honneur de la gare

Tous pourris, les troquets de la gare ? Holà, un peu de nuance (et de politesse aussi, ça fait pas de mal) : de l'anonymat des établissements du quartier émerge le Café du Levant dont la somptueuse devanture suffit à elle seule à signaler l'endroit. Une mosaïque d'inspiration orientaliste qui annonce, à l'intérieur, un décor à la jonction des arts déco et nouveaux qui connurent à Bordeaux une réussite assez spectaculaire.

Elle date de 1923 mais l'établissement est plus ancien puisqu'il est contemporain de la gare et même un peu plus ancien : 1897 pour lui contre une inauguration un an plus tard pour la bâtiment actuel de la gare qui n'était jusqu'alors qu'un bâtiment en bois. Rattrapé par le côté « bar de gare » depuis les 80 's, le Levant a retrouvé du lustre depuis quelques années.

Le café du Levant - 25 Rue Charles Domercq 33800 Bordeaux - Tél : 05 57 80 26 22 - Site

© Le café du levant

La Gare d'Orleans

Dernier arrêt pour la gare

Il y a comme ça des endroits qui n'ont pas de chance dès le départ : construite en 1852, la Gare d'Orléans est détrônée par Saint-Jean dès 1861. Elle est frappée par un premier incendie en 1906 sans que cela ne suscite de restauration notable et dès les années 50, elle n'accueille plus que le fret.

Pire : dans les années 60, l'imposante statue allégorique de sa façade disparaît sans laisser de trace et son inscription aux monuments historiques ne l'aidera pas à garder sa dignité. Abandonnée, objet de projets ambitieux aussitôt oubliés (un grand lieu multi-culturel devait y voir le jour), elle est livrée au pillage et finit par brûler.

Aujourd'hui, il faut être bon en archéologie pour reconnaître une gare malgré la préservation toute théorique de sa façade. Mais les bars et restaurants qui l'occupent offrent une des meilleurs vues sur Bordeaux « de l'autre côté ». Particulièrement depuis la terrasse, idéale pour traîner longtemps après le repas.

The Central Pub - 7 Quai des Queyries, 33800, Bordeaux - Tél : 05 57 80 38 00 - Site
Ristorante del Arte - 7 Quai des Queyries, 33000 Bordeaux - Tél : 05 56 40 86 21 - Site
Siman Bordeaux- 7 Quai des Queyries, 33000 Bordeaux - Tél : 05 56 67 49 90 - Site

photo : Clément Pamelard

Le Café du musée

Un nom qui en cache un autre

Même en prenant votre café, vous êtes encore au musée et ça, c'est déjà bien. Sans parler de la vue sur les toits : le « restaurant Putman » comme on l'a surnommé dès son ouverture fut le premier à Bordeaux à chercher à élever le client, à défaut du débat. « Putman », ce n'était pas la patronne mais, Andrée de son prénom, la designer de renommée mondiale qui a conçu le mobilier de l'ensemble du CAPC.

Plus de 1000 éléments décoratifs et surtout hyper-fonctionnels, dont sans doute la chaise sur laquelle vous êtes assis puisque presque 30 ans après leur création, ils n'ont pas pris une ride.

À voir aussi, les mud-paintings de Richard Long, conçus avec de la boue de la Garonne. Si vous aimez l'art contemporain, vous connaissez déjà mais si vous n'aimez pas, l'approche gustative est un premier pas... sauf le dimanche, où il faut réserver des semaines à l'avance pour le brunch.

Sinon, l'endroit s'appelle en réalité « Le Café du Musée ». Bon...

Le Café du Musée - 7 Rue Ferrere, 33000 Bordeaux - Tél : 05 56 06 35 70 - Site

photo : Céline Faure

Le Saint James

La vue est belle

Alors pour être clair tout de suite : ce n'est pas « Saint-Djèmse » mais bel et bien « Saint-Jeameu » qu'on dit. « James », c'est le gascon pour « Jacques » et la rue du même nom était la principale voie de départ vers Saint Jacques.

Ceci étant dit, le Saint-James, ouvert en 1989, est devenu en quelques années « the » endroit où aller pour faire classe. Il faut dire qu'on le voit de loin, avec ses quatre pavillons conçus par Jean Nouvel en imitation des séchoirs à tabac de son enfance lot-et-garonnaise et en prolongement d'une superbe chartreuse du 18e siècle.

Cela étant, si on le voit de loin, ça marche aussi dans l'autre sens : Bouliac a toujours été un des plus beaux points de vue sur la vallée de la Garonne et les chambres sont conçues pour en profiter au maximum avec leurs fameux lits surélevés.

Le Saint-James - 3 Place Camille Hostein, 33270 Bouliac - Tél : 05 57 97 06 00 - Site

 

 

© ANAKA

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