Dans les coulisses de la Bataille de Castillon
600 bénévoles, 40 chevaux, 7 hectares d’air scénique : la Bataille de Castillon est le plus grand spectacle de Nouvelle-Aquitaine. Depuis bientôt 50 ans, à 1h de Bordeaux, adultes et enfants peuvent plonger dans la Guyenne de la fin du Moyen Âge et découvrir les événements marquants de cette période. Et, bien sûr, assister à la reconstitution d’une des dernières batailles de la guerre de Cent Ans. Découvrez le déroulé des préparatifs du show, heure par heure.
16h30 : le parc Aliénor ouvre ses portes
Le spectacle commence à la tombée de la nuit. Dès l'après-midi, le parc Aliénor donne le ton. On y trouve notamment un village artisanal sur le thème du Moyen Âge, un parc de jeux en bois et des stands de restauration. Des bénévoles proposent des animations ludiques. Par exemple, les enfants s'essaient au maniement de l’épée et aux danses médiévales.
Noé Courrian, bénévole depuis 8 ans, est déjà à pied d’œuvre. Cet étudiant en histoire présente l’association Castillon 1453, organisatrice du spectacle : “La première représentation a eu lieu en 1974. Une vingtaine de commerçants de Castillon-la-Bataille avaient joué dans un restaurant. Ils se sont installés sur le parvis de l’église en 1977 avant d’arriver ici en 1986. Le site appartient au Château Castegens, qu’on peut voir depuis les gradins".
© Pierre Zenker
17h30 : donner vie aux personnages de l'époque
Restauration, décors, logistique… Plus de 200 bénévoles travaillent dans l’ombre. Parmi eux : la couturière Marie-Hélène Contiero. On la retrouve dans un local en train de recoudre la robe d’un noble.
“Je suis une des 4 couturières bénévoles à l’année, à l’atelier, à Castillon. On est là les jours de spectacle, de 16h jusqu’à minuit. Les acteurs récupèrent et rendent leur costume du soir. Certains costumes ont 30 ans et on en crée chaque année, en fonction des tailles des acteurs.”
© Pierre Zenker
Les vêtements, tous faits maison, sont les mêmes que ceux portés par les moines, marchands ou soldats de l’époque.
Comme beaucoup ici, Marie-Hélène Contiero travaille en famille : ”Mes petites-filles sont aussi bénévoles. J’ai commencé il y a 6 ans. Ce qui me plaît, c’est l’ambiance. La Bataille de Castillon, c’est une grand famille".
© Pierre Planchenault
18h25 : les cavaliers se préparent
Des joutes équestres prennent place chaque soir de représentation. Le show est dirigé par le professionnel Franck Reyne, le directeur équestre de la Bataille. Il tient aussi le rôle du chef de guerre anglais John Talbot.
De jeunes cavaliers accomplissent des épreuves, accompagnés des applaudissements ou des huées du public. Lancés à toute allure, ils tentent d’attraper des fleurs par terre, toucher une cible avec une lance, ou faire passer leur lance dans des cerceaux.
© Marie Jampy-Baron
Un des cavaliers est Louan Le Tacon, passionné d’équitation depuis ses 6 ans. “On est à peu près 60 cavaliers. Les castings commencent en avril, en écuries. Ce sont des entraînements, de jour et ensuite de nuit”, explique-t-il.
La plupart des cavaliers dorment sur place, en tente ou dans leur voiture, pour pouvoir s’occuper des montures qui restent sur site.
“La première année, c’est un peu de stress, mais après, ça va. J’aime le show et les joutes : on se lance des défis et on se demande qui va gagner.”
© Pierre Zenker
19h : dans l’envers du décor de la Bataille de Castillon
Noé Courrian a créé une visite guidée des coulisses. Elle a lieu deux fois les soirs de représentation. Pendant 45 minutes, un guide présente l’organisation, l’association, l’histoire de la bataille mais aussi la guerre de Cent Ans. Le tarif est de 6 €/personne.
© Pierre Zenker
20h : l'équipe dîne ensemble
Des dizaines d’enfants et adultes ont pris place sur des tables à l’arrière du site, dans une zone boisée. Les bénévoles et prestataires vont chercher leur assiette dans cette cantine en plein air où règne une atmosphère conviviale.
Éric Le Collen, le metteur en scène de la Bataille de Castillon, vient d’arriver. Présent depuis les débuts du spectacle, il aussi composé sa musique.
“Il y a eu un travail pour proposer un spectacle extrêmement rigoureux et historiquement vrai. L’historienne Anne-Marie Cocula m’a conseillé lors de l’écriture. Le cœur du spectacle est la reprise de la Guyenne, pendant la période 1451-1462. Il parle aussi des origines de la guerre de Cent Ans et de la Guyenne anglaise : le mariage d’Aliénor d’Aquitaine.”
© Pierre Zenker
Le scénographe explique le succès de la Bataille de Castillon par son scénario : “L’histoire est basée sur la narration avec une dimension humaine. Il y a les signes d’une tension qui monte progressivement, jusqu’à la bataille, comme dans un film”.
“C’est un spectacle populaire qui prend le public pour des gens intelligents et donne envie d’apprendre quelque chose. Et une véritable communauté s’est créée. Cela fonctionne bien sur scène et en-dehors.”
© Marie Jampy-Baron
21h : les dernier réglages
Ensuite, des groupes se forment lors des briefings. Il y en a un pour les cavaliers, un pour les soldats et un pour la danse. Puis, c’est l’heure du briefing général.
La présidente de l’association, Cécile Laforgue, annonce le nombre de spectateurs présents ce soir et motive les troupes. Éric Le Collen prend la parole pour rappeler quelques consignes, notamment de “ne pas parler fort en coulisse pour ne pas retarder les départs”. Enfin, guitare sous le bras, il lance deux chants à la gloire d’Aliénor d’Aquitaine, entonnés par les bénévoles.
© Pierre Zenker
22h : le spectacle commence
La nuit vient de tomber et les spectateurs ont pris place sur les gradins. C’est parti pour 1h30 de spectacle, qu'Éric Le Collen suit en régie : “Certaines séquences s’usent avec le temps. Je les modifie. L’objectif est de conserver chaque soir une dynamique”.
© Piscine Club
La Bataille de Castillon, Belvès-de-Castillon.
Les jeudis, vendredis et samedis du 16 juillet au 15 août 2026. En raison de l'incendie en Gironde, les représentations entre le 30 juillet et le 7 août inclus sont annulés.
Réservation (spectacle : 29-39 € / parc Aliénor : 6 €).
© Castillon 1453