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Rencontre avec Le Type, média bordelais depuis 15 ans
© Le Type
3 min de lecture

Rencontre avec Le Type, média bordelais depuis 15 ans

Musiques électroniques, rock, rap, arts visuels… Derrière les façades 18e et les grandes institutions culturelles de Bordeaux se déploie toute une scène underground portée par des artistes, des collectifs et des lieux indépendants. Qui de mieux que Le Type, qui vient de fêter ses 15 ans, pour en parler ? Ce média indépendant documente depuis 2011 la scène artistique émergente bordelaise. Rencontre avec Laurent Bigarella, son rédacteur en chef.

Pierre-Zenker-un-air-de-bordeaux

par Pierre Zenker

publié le 17 juin 2026

Qui est Le Type ?

Le Type a été créé par deux étudiantes de l’université Bordeaux Montaigne. À l’origine, le média s’inscrit comme un prolongement, plus indépendant, du journal étudiant papier Tintamarre.

Depuis sa création, sa ligne éditoriale vise à documenter la vie culturelle locale, tout en s’ouvrant à l’échelle de la Nouvelle-Aquitaine, puis en relayant certaines dynamiques au niveau national et européen. Dans cette optique, l’équipe accorde une attention particulière aux initiatives indépendantes et aux lieux émergents, souvent peu médiatisés. À ce titre, elle privilégie les structures de proximité - comme les bars de quartier ou les scènes de musiques actuelles (SMAC) - et fait le choix de ne pas couvrir les festivals portés par de grands groupes privés.

Si la musique constitue le cœur de sa ligne éditoriale, Le Type propose également un agenda culturel varié, ouvert au cinéma comme à la littérature.

Aujourd’hui, le média repose sur une équipe entièrement bénévole d’une trentaine de contributeurs. Ses contenus sont diffusés via un site internet, des réseaux sociaux et une newsletter hebdomadaire, publiée chaque mercredi.

Le Type Bordeaux © Le Type

Qu’est-ce qui caractérise la scène underground bordelaise ?

Un certain dynamisme des musiques électros, avec notamment énormément d’open air. La place prise par les formats diurnes constitue une singularité locale. Côte rap, la scène est très développée mais elle manque de visibilité à l’échelle nationale.

Il y a un terreau assez fertile de graphistes sur Bordeaux et, dans le monde de l’édition, on trouve beaucoup d’acteurs indépendants. Par exemple, Le Type a publié un article sur la maison d’édition Le Gospel, un projet très intéressant.

Un autre élément caractéristique, ce sont les collectifs, comme Les Viatiques, Assonances, Flippin' Freaks et Medusyne. Il y en a énormément et ils sont souvent constitués d’équipes bénévoles. Ils créent des communautés, chacune autour de leur couleur artistique.

Les collectifs ont un rôle de défricheur. Ils font découvrir au public des artistes à travers des événements. Les open air sont plus accessibles que les clubs ou les salles traditionnelles, ce qui est important.

Le Type DJ set © William Millaud

5 lieux pour découvrir la scène alternative ?

Je pourrais aussi citer le bar Zig Zag, Bien Public, Les Vivres de l’Art et EspaceDS.

Rock School Barbey Bordeaux © Maximilien Marie

Qu’est-ce qui manque à Bordeaux aujourd’hui ?

Il n’y a pas assez de lieux nocturnes et d’endroits en capacité de réunir des acteurs de l’écosystème. Le fait que l’iBoat disparaisse l’illustre. Déjà avant cela, beaucoup de lieux avaient fermé. Moins de choses se passent la nuit que le jour à Bordeaux.

Il manque aussi un festival porté par un acteur associatif local. Les événements sont organisés par des gros groupes qui ont émergé récemment, avec une programmation parfois répliquée d’une année à l’autre. Elle ne s’intéresse pas au tissu associatif local.

Quand on parle de Bordeaux ailleurs en Europe, il n’y a pas un nom de collectif ou d’événement qui résonne. Il faudrait que ce ne soit pas un événement franchisé qu’on peut trouver dans une autre ville. La question est de savoir comment un acteur local structuré peut créer un festival pour porter la scène plus loin à l’avenir.

Concert rap Grabuge © Le Type

En parlant de festival, un top 3 de l’été ?

Le festival Relâche, Bordeaux Open Air et l'Astroshøw Open Air.

Si on imaginait des passerelles entre les musiques actuelles et le patrimoine architectural bordelais ?

La plupart des collectifs qui organisent des open airs proposent de réinventer cet héritage. Par exemple, au square Dom Bedos, il y a un dialogue avec ce qu’est l’espace public bordelais. Le festival Isulia, à la base sous-marine, est intéressant. C’est une réappropriation du patrimoine historique avec des musiques électros.

Je pense que cela vaudrait le coup que les SMAC et les collectifs créent plus de liens avec les musées à Bordeaux.

Scène alternative à Bordeaux © Salomé Langlade

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