Flèche Saint-Michel et sa basilique : 4 histoires surprenantes
Relais de télégraphe, crypte peuplée de momies, vertige des bâtisseurs et vol digne d’un polar… La Flèche Saint-Michel n’a pas seulement dominé Bordeaux pendant des siècles : elle a aussi accumulé les histoires les plus étonnantes. À l’occasion de sa réouverture, retour sur quatre anecdotes qui donnent encore plus envie de lever les yeux vers elle.
La flèche tronquée devient relais du télégraphe Chappe
Après la tempête de 1768 qui a emporté le sommet de la flèche (préalablement fragilisée par un tremblement de terre en 1759), le clocher s’est retrouvé tronqué. Au début du XIXe siècle, vers 1822, on y a installé un télégraphe Chappe, un système de communication optique inventé par les frères Chappe. Ce sémaphore, avec ses bras articulés mobiles, servait de relais pour transmettre des messages codés de tour en tour, reliant Bordeaux à Paris via Lormont et à Bayonne via une autre station.
© Louis Garneray - Musée d'Aquitaine
Les momies de la crypte : un spectacle macabre très prisé
Au XVIIIe siècle, la crypte de la flèche Saint-Michel, devient le théâtre d’une attraction pour le moins insolite. En 1791, lors de la suppression du cimetière attenant, on exhume une soixantaine de momies naturellement conservées dans un sol aride. Exposées dans la crypte jusqu’en 1990, elles fascinent les Bordelais et attirent des célébrités comme Victor Hugo, Théophile Gautier ou Gustave Flaubert. Surnommées « l’Enterré vivant », « la famille empoisonnée par les champignons » ou encore « l’Africaine », elles alimentent les imaginations et les récits les plus fous.
© J.Philippe
Qui ose poser la croix finale ?
Une autre anecdote illustre l’impressionnante hauteur de la flèche à la fin du XVe siècle. En 1492, alors que le clocher atteint près de 120 mètres, les ouvriers refusent de grimper au sommet de l’échafaudage pour poser la croix finale. Les entrepreneurs du chantier auraient eux-mêmes achevé l’ouvrage, tant la hauteur inspirait crainte et vertige.
© Pierre Planchenault
Le vol rocambolesque des albâtres de Nottingham
Le retable baroque de la chapelle de la Vierge dans la basilique Saint-Michel cache une histoire digne d’un roman policier. En 1984, sept des neuf panneaux en albâtre polychrome, œuvres anglaises du XVIIe siècle venues de Nottingham, sont dérobés en pleine nuit. Remplacés par des copies en plâtre si bien faites qu’elles trompent tout le monde pendant neuf ans ! L’enquête policière, aidée par le FBI, mène au trafic international : les panneaux refont surface en 1993, et les derniers sont restitués en 2019 après une reconstitution complète. Une affaire qui a fait les gros titres et qui ajoute au mystère du quartier Saint-Michel.
© Thomas Sanson