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Culture Rencontre

Rencontre avec Nortnord, artiste montant de la scène électro

On dirait que Nortnord (Gabriel Carraire de son vrai nom) a lui-même un peu de mal à réaliser ce qui lui arrive. Son premier concert, c’était au Petit théâtre de Marmande en 2015 et deux ans plus tard, le voilà devant la foule du Garorock ! Un succès express qui n’était « pas calculé », affirme le jeune compositeur de musique électronique. Si ses mélodies minimalistes à la frontière de l’ambient sont une invitation à planer, Gabriel a su garder les pieds sur terre. Le temps d’un Darjeeling, nous avons un peu plané avec lui.

par Mélanie Tammeveski

le 21/11/2017

@m_tammeveski

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Du conservatoire aux scènes électro, c’est un parcours atypique, non ?

J’avais 5 ans quand j’ai intégré le conservatoire où j’ai eu une formation en percussion et solfège. Au bout de dix ans, l’envie de composer m’a fait prendre mes distances. Néanmoins, c’était une étape hyper importante dans mon parcours et sans cette formation, je n’aurais certainement pas la technique pour faire ma musique aujourd’hui, ne serait-ce qu’un suivi d’accord, une harmonie, un enchaînement…

Je suis retourné au conservatoire lorsqu’ils ont ouvert une classe de musique électronique. L’occasion rêvée pour moi d’apprendre les logiciels de M.A.O (Musique assistée par ordinateur) et surtout de composer mon premier EP « Cold » (2015).

photo : Béranger Tillard

Imagine, tu es barman et ta musique est un cocktail, quels sont les ingrédients pour obtenir le mix Nortnord parfait ?

(Réfléchit….) D’abord, je mettrais de l’Electronica pour les parties très mélodieuses, puis une bonne dose d’émotions car j’aime raconter des choses intenses. Pour finir, de l’ambient pour un effet planant. Et voilà un bon cocktail à la Nortnord !

Santé alors ! On enchaîne avec un petit jeu ? Tu es au volant de ta voiture, en route vers l’océan. Qu’y a-t-il à ta radio ?

Aparat, Bonobo et Moderat seraient mes compagnons de route, trois artistes que j’adore.

Vendredi soir, tu as la bougeotte, quel son choisis-tu pour danser jusqu’à l’aube ?

Jamie XX, clairement ! C’est le projet solo de Jamie Smith, l’un des membres du groupe The XX. Je ne suis pas très « club », mais c’est une musique entraînante qui me donne envie de bouger.

Dur dur le lendemain ! Dehors, il pleut des cordes et tu vas rester sous ta couette.

J’écouterais Superpoze, un compositeur solo, comme moi, qui vient de Caen et dont j’adore le dernier album (For we the living - Mille Records / A+LSO).

photo : Nortnord

En ce moment, tu es le Benjamin de la Pépinière du Krakatoa, raconte un peu !

C’est cool ! La Pépinière est un dispositif d’accompagnement qui me fait découvrir des domaines autour de la musique que je ne connais que très peu : l’administration, les droits, la communication. En plus des ateliers techniques, les résidences permettent de s’entraîner et d’échanger avec les autres artistes comme I Amstramgram, John and the Volta ou Ariel Ariel.

Dans tes morceaux, on retrouve plein de sonorités différentes, où les trouves-tu ?

Je voyage beaucoup ! Je me balade avec mon micro et j’enregistre des textures de son. Les bruits de la ville, des bouts de conversations dans le métro, les sons de la foule… Ensuite, je les sample et je rajoute une mélodie.

photo : Nortnord

Sur scène, on te voit manipuler tout un tas de machines. En quoi ton travail est-il différent de celui d’un DJ ?

Rien à voir ! DJs et compositeurs de musique électronique ne font pas du tout le même travail sur scène, je n’ai même pas de platines. On pourrait dire que je restructure mes propres morceaux. Côté outils, j’ai un synthé, une machine inclinée (Native instruments maschine), un launchpad, un contrôleur et mon ordinateur.

Rêvons un peu : tu peux inviter une pointure de l’électro à passer une soirée à Bordeaux avec toi. Qui serais ton invité et où l’amènerais-tu ?

J’inviterais Bonobo (sans hésiter). C’est l’un des artistes qui m’influence le plus et qui m’accompagne depuis des années. Je pense qu’on irait boire l’apéro à Darwin avant de voir un concert de MØME au Krakatoa. C’est un jeune français qui fait de la chillwave et qui a enregistré son album en Australie. Une soirée de rêve !

photo : Nortnord

Et côté festival, quelles sont les dates que tu ne manques jamais ?

Dans le coin, j’ai joué au So Good Festival à Canéjan l’an dernier. C’est un festival électro très sympa ! Cette année il y a eu une bonne programmation, avec Thylasine en tête d’affiche. J’aime bien le festival Vie Sauvage pour son cadre et puis le Climax est un incontournable. Je n’y ai jamais joué, mais j’y suis allé cette année pour voir Fakear.

Ton 3e EP « A Part of You » vient de sortir. Qu’as-tu rajouté au cocktail pour ce nouvel opus ?

Il sera plus techno et moins planant que les deux premiers. Les nouveaux ingrédients ? Expérience, recul et électro !

Gabriel a fini son thé et part à l’océan (direction sudsud) pour une séance de surf. On lui souhaite bon vent !

Voici sa playlist

photo : Olivier Seguin

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