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Culture Rencontre

Les grands enfants du Skinjackin

Réputé pour leurs jeux de mot cocasse aux couleurs pétantes, le collectif Skinjackin est solidement ancré dans le paysage culturel à Bordeaux. Leur crédo « Tu ne choisis pas mais t’es content ! » en dit long sur la pratique des « dermopirates » : le Skinjackin, c’est du tatouage éphémère imposé. Amateurs de dauphin sur décolleté et tribal sur mollet s’abstenir ! Rencontre avec Pauline Xiradakis, coordinatrice de l’association (et maman des pirates).

par Mélanie Tammeveski

le 13/11/2017

@m_tammeveski

localtrips_bdx

Ah bon ? Des pirates ?
« Oui, on a un côté un peu rebelle et grands enfants. Nous sommes une grande famille de pirates, et moi, je suis un peu la maman » (rires). Aujourd’hui, nous sommes une petite quinzaine à Bordeaux : graffeurs, illustrateurs, peintres, graphistes et tatoueurs. Au total, le Skinjackin regroupe 50 artistes repartis sur 5 équipages un peu partout dans le monde (Paris, Montréal, Helsinki, Tainan et Bordeaux). Mais Bordeaux est la ville mère ou tout a commencé et reste le pôle le plus actif. »

En tant que mère tu dois bien te souvenir de la naissance du Skinjackin ?
«Trois copains devaient faire une animation de graff à l’Hérétic (aujourd’hui le VOID), mais au lieu de refaire un nième mur, ils décident de dessiner directement sur les gens. C’est ainsi que les premiers noctambules se sont fait tatoués au feutre. Ça a tellement bien marché que nous avons dû nous organiser pour répondre à toutes les demandes et pour intégrer de nouveaux membres. »

photo : MXBX

Où peut-on tomber sur des pirates et prêter sa peau ?
« 
Après avoir tatoué bon nombre de fêtards, nous sortons de plus en plus à la lumière pour animer des fêtes sociales et culturelles, des festivals divers et variés… notre champ d’action et nos publics se sont élargis. Enfants, personnes handicapées ou séniors, le Skinjackin promet une expérience artistique unique pour tous les publics. Et comme les pirates sont des artistes, grands enfants et forcément un peu marginaux, ils relativisent facilement la notion de différence. »

Pas de petits dauphins, on a compris, mais en plus, vous avez vos propres références…
« 
Si nos jeux de mots potaches s’adaptent à chaque fois à la thématique de l’événement, («Snoop Doggy Bag», «Pin-up Butter», «Le Retour du jet d’ail»), les références sont 100 % Skinjackin, notamment la bande dessinée, les séries télé et la culture Hip Hop. Aujourd’hui, on se rend compte que nos références « so nineties » ne marchent plus trop auprès des ados. On vieillit ! Il y a des jeunes qui nous montrent qu’on n’est pas très à la page. Je pense qu’on va devoir embaucher des ados pour mettre à jour notre vocabulaire. » (rires)

photo : MXBX

Et quand il n’y a pas un bras volontaire dans les parages ?
« 
80 % des membres du Skinjackin sont actifs dans la scène street-art. L’aspect éphémère se retrouve finalement dans le travail qu’ils réalisent sur la peau. [Au bout de deux heures, les couleurs commencent à craqueler et partent à la première douche. ndlr] Dans les deux cas, c’est la photo qui immortalise le travail et c’est toujours notre pirate photographe qui les fait (MXBX). Nous intervenons régulièrement sur le mur de la rue Briand à Saint Nicolas que la mairie a mis à notre disposition et récemment, nous avons réalisé des fresques avec les élèves de l’école École Sablière-Deyries Bordeaux. À cela s’ajoutent des expositions (parfois un peu coquines), des cahiers de coloriage, de l’art numérique et même des peluches (réalisés par Tatie Prout)…le Skinjackin est un collectif pluridisciplinaire et multi-support. »

Presque 10 000 personnes ont été tatouées à l’acrylique par les pirates du Skinjackin.

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La playlist du Skinjackin

photo : MXBX

Adresse et contact

Collectif Skinjackin
skinjackin.com

skinjackin@gmail.com

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